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La pêche moderne !

13 juin 2015

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Avant toute chose, mettons un peu de musique avec La pompe moderne pour nous mettre dans l’ambiance !

Démonter pour lubrifier et non l’inverse : la bonne vieille mécanique des Mitchell 304 et compagnie, simple, précise et robuste va reprendre un coup de jeune bien mérité. Le piquant des hameçons est ajusté, le brillant du métal est ravivé. Les fines gaules sont emboitées et les anneaux alignés… ne nous méprenons pas ; chaque détail compte, il s’agit d’être prêt.

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La nuit est courte, le sommeil léger. Chahuté par l’état d’excitation pré-ouverture, que seuls peuvent connaître les pêcheurs, et par les glapissements du voisin le Renard, excité lui aussi – mais pour d’autres raisons.

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Le réveil sonne, et l’on se surprend à s’extirper du lit sans aucune difficulté après n’avoir dormi qu’une poignée d’heures. Il est très tôt, les yeux picotent, mais une odeur de café chaud emplit rapidement la cuisine et nous tire de notre torpeur matinale.

Dehors, tout est calme, le vent est retombé pendant la nuit. Les premières lueurs du jour nous indiquent qu’il est temps de nous diriger vers la rivière. Nous marchons d’un pas gaillard. Tu sais, le genre de matin où l’on se sent privilégié, car on a le temps de voir la nature s’éveiller, et on peut vivre ce moment pleinement.

C’est en arrivant vers la rivière que des questions existentielles viennent nous tourmenter : « les poissons seront-ils actifs ? comment est le niveau d’eau ? Ai-je la bonne taille de cuillère ? Et la couleur ? Un pêcheur est-il déjà passé ? ».

Mais autour de nous tout est résolument calme. L’eau s’écoule silencieusement, mis à part les petits tourbillons qui s’enfoncent dans les virages de la rivière en formant un bruit sourd, à peine perceptible. 7H30 : les cannes se courbent, nos cuillères tournantes fusent dans les airs avant de tomber plus ou moins lourdement dans l’eau : nous commençons à pêcher. TAC TAC TAC TAC TAC… nos bons vieux moulinets braillent du mieux qu’ils peuvent avec leur système anti-retour certes retentissant mais bigrement efficace. Nous apprécions la légèreté et la précision des lancers que nous offrent nos ensembles légers voire ultra-légers.

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Nous peignons méticuleusement les veines de courant, les trous, les contre-courants, les berges creuses… mais rien, pas une seule touche. Même un coin qui s’avère d’ordinaire très bon ne semble aujourd’hui abriter aucune truite. Mais que font-elles ces feignantes ? Elles restent calées sur le fond ? Qu’à cela ne tienne, je mets une cuillère plus lourde ! Elles boudent l’argenté ? Flo essaye le doré ! A moins que… Non, ce n’est pas possible voyons !…

Thomas prend les devant et remonte la rivière d’une cinquantaine de mètres. Le bougre, on l’entend rapidement s’écrier « J’AI !!! ». Son approche adroite et sa dextérité au lancer auront fini par tromper la méfiance de dame fario. Après une brusque touche et un démarrage franc, le poisson se fait ramener vers le pêcheur qui, armé de sa gaule fétiche en métal, n’a aucun mal à le brider. Cette truite fait la maille mais que diable, ce petit poisson est tout de même plus à son aise à frétiller dans l’eau qu’à frétiller dans le beurre de la poile ! Nous prenons cette fario en photographie, puis Thomas exécute un habile relâché, non sans une pointe d’émotion.

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Cette première prise nous remotive, et nous nous appliquons à pêcher en utilisant la technique du « lancer-ramené », une méthode redoutable s’il en est. J’essaye même un Rapala imitation vairon, un petit bijou de pêchologie. Mais toujours rien, pas une touche ! C’est aussi désespérant qu’un match de foot sans ballon, qu’un ricard sans glaçon, qu’un nibard sans tét…

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On est là, las, désemparé, au bord de la rivière,et l’on se pose mille questions : « Et si un braconnier était passé la veille de l’ouverture et qu’il avait tout pris ? A moins que… Non, ce n’est pas possible voyons !… »

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Nous croisons quelques pêcheurs qui partagent le même constat : à part 2-3 chanceux qui s’en sortent avec une petite truite, la plupart de ces messieurs sont bredouilles, et n’ont pas vu l’ombre d’un poisson filer dans l’onde. Mais où est le menu fretin ?

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Il faut alors se rendre à l’évidence… L’hypothèse explicative la plus nulle, celle que l’on voudrait rejeter d’office, finit par s’imposer  : « Cette année, ils, ils… ils n’en n’ont pas mis !!! ». Ces gloutonnes sorties des bassines qui nous divertissent tant d’habitude sont donc absentes de la rivière ! Fichtre, nous ne sommes pas venus enfiler des perles et encore moins apprendre l’art du point de croix, nous remontons donc la rivière d’un pas décidé, sans perdre de temps à tenter de capturer d’éventuels poissonnets.

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Nous atteignons alors le point d’orgue de notre petite expédition : le barrage du Moulin Neuf, qu’il faudra gravir pour pêcher l’étang qui s’étend à son amont. Prospecter cette vaste étendue d’eau ne s’avère pas si aisé. En effet, au cours de la matinée, le vent a forci et souffle à présent du Nord-Est. Nous l’avons donc de face, ce qui gène quelque peu nos lancers, mais ce qui a aussi le mérite d’agiter les flots en levant un petit clapot. Nous supposons alors que les truites se montreront actives sur ce bord, et nous lançons nos cuillères tournantes avec rythme et vigueur. L’espace qui s’offre à nous nous permet d’apprécier pleinement les capacités de lancer de notre matériel léger. Non sans efforts, nous parvenons à propulser nos leurres à une vingtaine de mètres de distance.

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C’est alors que Tom ressent une vibration intense dans son poignet. Ce stimuli n’appelle qu’un réflexe : le ferrage, qui se fait avec force et amplitude. Malheureusement, la flexibilité de sa gaule est telle qu’elle permet à la truite de se décrocher de l’hameçon, quelle déveine ! Mais le pêcheur, lui, ne démord pas et relance pour referrer aussitôt un nouveau poisson ! L’issue de ce combat mémorable s’avère favorable puisqu’une magnifique truite arc en ciel d’une vingtaine de centimètres est ramenée vers la berge. Notre champion soulève fièrement son trophée avant de lui rendre sa liberté.

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C’est alors qu’une voix s’élève derrière nous : « Messieurs, vos permis s’il-vous plaît ». Les fédéraux ! Tenus en haleine par la capture de la truite, nous n’avions point remarqué l’approche furtive du garde-pêche. Évidemment, ceci ne cause pas le moindre problème : « Nous sommes en règle monsieur l’agent, voici nos permis halieutiques ».

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Nous comprenons rapidement que les truites évoluent en banc groupés en circulant sans cesse à une certaine distance de la berge. Il n’y a donc pas de tactique spécifique à adopter, il suffit simplement de faire le maximum de lancers, et le plus loin possible. Cette approche s’avère payante, puisque Tom et Flo effectuent rapidement un magnifique doublé de truites arc en ciel. Le poisson de Florian arbore une défense redoutable, où voltige et cabrioles aériennes se mêlent à de puissants coups de nageoires. Malheureusement, la truite de Tom s’est emparée si violemment de l’hameçon qu’elle n’en a fait qu’une bouchée. Blessée, elle ne pourra repartir à l’eau et sera finalement gardée au fond de la musette en vue d’un bon festin.

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C’est à mon tour de ferrer un poisson. Quel plaisir de sentir la ligne se tendre, puis la canne se courber et amortir avec une efficacité redoutable les coups de tête du fretin. Par chance, les truites sont toutes calibrées entre 25 et 30cm, ce qui nous évite d’avoir à les mesurer avant de les remettre à l’eau.

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L’heure tourne, les ventres se creusent et il est temps de faire ripaille. Quelques bières pour l’apéro, un bouchon de pinard saute, et Tom fait mijoter son fameux cassoulet : ouverture de la pêche à la truite peut aussi rimer avec confort, raffinement et dégustation.

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Mais pendant que nous mangeons, nous invitons nos amies les truites à en faire autant ! Nous remplaçons nos leurres par des lignes à bouchon, eschées d’un panaché ver de terreau – maïs. Il s’agit de garder l’œil ouvert. Les bouchons travaillent tranquillement, dérivant au grès des vents et des courants. Le mien semble titillé : je récupère ma ligne et constate que mon ver n’est plus, il y a du poisson sur la zone… Un autre bouchon s’agite, et s’enfonce très légèrement dans l’eau puis… plus rien. Mais non ! Il plonge à nouveau et cette fois ci, c’est pour de bon ! Tom tend le fil doucement puis ferre : la truite se débat avec rage. L’émotion est palpable sur le visage du pêcheur qui ramène délicatement sa prise – sans épuisette.

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A mon tour de prendre les commandes de ce récit de l’ouverture de la pêche à la truite. Effectivement, l’émotion était à son comble car il y avait belle lurette que nous n’avions pas pêché à l’aide de flotteur. Il s’agissait avant tout de renouer avec nos débuts de pêche et cette sensation magique de voir son bouchon s’enfoncer sous la surface de l’eau, prémisse d’une belle prise ! Ce fût pour moi un grand moment, comme une deuxième première fois, le saint graal !

Le doux fumet houblon/levure virevoltant, n’est pas passé inaperçus et attira un joyeux camarade (Tonio Labricole, cf précédente ouverture). A bonne aise nous nous laissons paisiblement transporter par le plaisir d’être au bord du lac !

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La peau du ventre bien tendu, nous repartons à l’attaque de la marre au canard ! Les gaules de nos grands parents sont troquées contre des cannes modernes, histoire de voir si elles tiennent le choc.

Nous arrivons dans une anse à l’abri du vent et qui semble être moins profonde. Nos trois leurres percent la surface de l’eau, il faut l’admettre, plus loin que ce matin. Un autre détail nous trouble, il n’y a plus un bruit en action de pêche, sauf celui des lancés … Mais où est donc passé cette bonne vieille mélodie anti-retour ??? Nous ne nous laissons pas pour autant déstabilisé et Flo en profite pour ouvrir le balle de l’après midi. La touche est nette et le poisson semble plus combatif ! Serait-ce le roi des étangs ? Par précaution, Flo manœuvre son poisson avec souplesse, il ne s’agirait pas de se faire couper ! La bête arrive, notre camarade patiente encore et attend le moment fatidique où le poisson montre le flanc, s’avouant vaincu. Il l’a !!! Le graal de tout pêcheur au carnassier, le roi brochet, seigneur lacustre des eaux douces ! Il faut le dire, nous ne serions peut-être pas arrivés à maitriser un tel poisson sans les conseils avérés du disc optique numérique (DVD) « Brochet, technique de champion » visionné la veille.

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Puis voici que notre amis Fanch a lui aussi une touche, serait-ce encore un brochet ? Sommes-nous bien en première catégorie piscicole ? A croire que ces messieurs les brochets font eux aussi leur ouverture de la truite !

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En tout cas nos cannes à pêche modernes semblent solides et nous changent la vie. Cependant, nous arrivions tout de même à sortir du poisson avec nos gaules génération papi !

La journée se termine sur une portion d’un mignon cours d’eau. La pêche fût très aérienne pour mes deux collègues, cherchant surement les écureuils au leurre … Pas si évident comme technique, surtout qu’il n’y avait aucun écureuil. Allez comprendre !

Les truites absentes, là encore, et la diminution de la luminosité annonçait la fin de cette journée d’ouverture, au combien surprenante.

Nous tenons à remercier chaleureusement l’AAPPMA du Pays Bigouden sans qui les scènes de liesse de l’ouverture, véritables créatrices de vocations, n’existeraient pas.

Kenavo !

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Texte : Fanch et Thomas

Photos : Flo, Fanch et Thomas.

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